La mystique, démarche d’humilité

 

Michel Cornuz

 

 

 

 

 

 

 

    J’ai eu envie pour cette conférence d’ouverture de « mystiques et liberté » d’associer mystique et humilité, comme une sorte d’évidence quand on se met à l’écoute des grandes figures mystiques.

 

On peut avec un des plus grands exégètes contemporains, Gerd Theissen, affirmer qu’au cœur du christianisme primitif (et dans la suite de la spiritualité des « pauvres » de Dieu dans le Premier Testament, il y a l’amour et l’humilité (« le renoncement à un statut » comme le dit Theissen), à l’imitation de Jésus Christ, « maître en humilité » (st Augustin).

 

  La tradition spirituelle chrétienne, depuis les Pères du désert jusqu’aux mystiques contemporains, ont toujours fait de l’humilité la pierre de touche de toute vraie expérience spirituelle ; ce n’est pas la simple vertu de ceux qui commencent le chemin, une sorte de préambule qu’on laisserait ensuite à mesure qu’on progresserait dans des expériences spirituelles extraordinaires ou des connaissances ésotériques, mais c’est la condition qui permet la croissance spirituelle à toutes les étapes… S’il y a progression spirituelle, ce ne peut être qu’une progression par l’humilité et dans l’humilité, ce qui fait dire à St Jean de la Croix : la plus haute union avec Dieu est dans l’extrême de l’humilité… Paradoxe profondément évangélique qui est le centre du cheminement mystique.

 

      Or, cette évidence ne va pas de soi de nos jours.

D’abord, trop souvent la mystique apparaît, dans notre univers fasciné par le culte de la performance, comme une voie élitiste, pour des champions de la vie spirituelle, une sorte de performance religieuse réservée à peu de personnes, dans un cadre souvent protégé… Comme il y a des « sportifs de l’extrême », il y a des « spirituels de l’extrême »… on est alors bien éloigné de l’humilité – de l’humus, la terre, l’en-bas…

 

D’autre part, l’attrait pour la mystique dans notre société est ambigüe, à l’aune du développement personnel, elle est vue comme un moyen de développer des potentialités extraordinaires, de vivre des états modifiés de conscience ou d’acquérir des connaissances ésotériques… Encore une fois, plus la quête des sommets et de l’extraordinaire que l’humble chemin de traverse à travers les ronces de la vie…Et que dire de l’humilité ? Cette « vertu » si mal aimée, que l’on ne comprend plus, que l’on associe au mépris de soi morbide, à l’humiliation masochiste, à une forme de vie terne et dévitalisée…

 

Et là, on aurait tort de simplement pointer du doigt les aléas d’une société narcissique, sans faire aussi en même temps la critique d’une spiritualité chrétienne qui a été trop souvent liée à une dévalorisation de soi, de sa dignité d’être humain, avec pour corollaire un mépris d’autrui. Avant donc d’aborder la démarche mystique proprement dite, il vaut donc la peine de débroussailler ce concept d’humilité, d’enlever quelques mauvaises herbes qui nous empêchent de percevoir sa valeur positive – et même libératrice.

 

  Ma conviction est que notre société serait un peu plus vivable, nos relations un peu plus simples, nos vies un peu plus allégées et désencombrées et nos Eglises un peu plus pertinentes, si nous nous engagions dans cette démarche mystique d’humilité libératrice.

 

  « Mystique et libertés », la plus grande liberté n’est-elle pas celle que nous pouvons avoir vis-à-vis de nous-mêmes, de notre « ego », de notre propension à prendre toute la place…  

 

Commençons donc par nous mettre à l’écoute de Jésus dans l’évangile de Luc, TEXTE I :

 

La parabole du pharisien et du publicain est une illustration remarquable de ce en quoi peut consister l’humble connaissance de soi devant Dieu qui libère de la comparaison d’avec autrui, qui brise toute vanité, toute confiance en soi comme toute défiance de soi-même, qui conduit à une « simplicité » sans regard sur soi, un « déliement de soi-même » (Bobin). Deux hommes donc, l’irréprochable et le filou, le religieux soucieux de la Loi et le « salaud » qui vont au Temple pour prier, pour se placer devant Dieu, pour exposer leur vie à la lumière de l’altérité…

 

Or, le pharisien semble utiliser Dieu comme un simple miroir de sa perfection. Il se regarde prier comme il se contemple dans ses bonnes œuvres… Le texte rend quasiment visible cette excroissance de l’ego religieux du pharisien, il se tient debout, au centre, il prend toute la place, il accumule les « je » dans sa prière, et le texte grec joue avec les pronoms réfléchis (il se tient debout pour lui-même ou il se prie à lui-même, si l’on traduit littéralement)… Et cette attitude ne peut que le conduire à la comparaison avec autrui : « Merci de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes »...

 

Luc nous dit que Jésus raconte cette parabole « à l’adresse de certains qui se flattaient d’être des justes et n’avaient que mépris pour les autres » … La traduction atténue le texte, les verbes utilisés en grec sont très forts, il ne s’agit pas simplement d’être persuadé d’être juste ou de se flatter d’être juste, mais de mettre sa confiance en soi, en sa justice, en ses mérites" lit.

 

  À l’adresse de certains qui mettaient leur confiance en eux-mêmes à cause de leur "justice", Paul emploie le même verbe dans son épître aux Corinthiens pour dire que lui-même comme apôtre arrivé aux dernières extrémités ne pouvait plus mettre sa confiance en lui, mais seulement en Dieu qui ressuscite les morts et crée du neuf à partir du néant…

 

Mais n’y a-t-il pas au fond de cette attitude narcissique – de confiance en soi et de mépris d’autrui (lit. tenir pour rien) une grande méprise ? Un terrible manque de confiance en soi qui fait que l’on a toujours besoin du regard approbateur d’autrui pour se sentir simplement exister ?

 

  Bref, pour faire court, le contraire de la vie reçue par grâce, de la « justification » gratuite de l’existence, la liberté de pouvoir vivre sa vie telle qu’elle est – avec ses misères et ses échecs, sa pauvreté et fragilité, ses efforts et désirs - sous le regard d’un Dieu qui nous accueille et nous bénit et nous rend ainsi libres de la dépendance du regard d’autrui ou de notre propre jugement…

 

   Le publicain, lui, ne peut pas mettre sa confiance en lui, car il est misérable (aux yeux de la société, de la morale, de la religion, et à ses propres yeux !). Il ne peut donc que se tenir à distance, sans oser même lever les yeux vers le ciel, avec une prière qui part de son néant, toute de lucidité sincère : « sois réconcilié avec moi, le pécheur »… Il est à nu devant Dieu, ne se complaît pas non plus dans sa misère, ne s’étale pas avec complaisance sur ses défauts, mais demande à Dieu de rétablir la relation, de créer à partir du néant. La parabole pointe bien sur cette grâce divine qui est notre seul appui et seul à même de nous libérer de nous-mêmes…

 

  La parabole ne nous place pas en point de mire pour nous exhorter à une humiliation perpétuelle, car il peut y avoir une « humilité » qui est encore très autocentrée. Jung parle de l’inflation de l’ego chez les narcissiques, mais il met aussi en garde contre une humilité qui peut être tout aussi inflationniste et s’accompagner d’une grande présomption…

 

    L’Evangile nous invite donc à nous dépréoccuper de nous-mêmes pour nous centrer en Dieu, ce qui nous permet de ne pas nous chercher à nous faire valoir aux yeux des autres, à nous valoriser (comme le pharisien) ou à nous déprécier (risque du publicain), mais à être libérés du souci de soi. C’est bien la simplicité qui est ici le maître mot : « Dieu veut des âmes qui ne soient point occupées d’elles et comme toujours au miroir pour se composer ».

 

Fénelon : « La rose est sans pourquoi ; elle fleurit parce qu’elle fleurit, ne se préoccupe pas d’elle-même, ne se demande pas si on la voit » (Angelus silesius)Cf.

 

Ce qui suit notre parabole, avec la figure du « petit enfant » qui est pure acceptation de la gratuité de la vie, sans retour réflexif sur soi…Et le jeune homme riche, comblé, rassasié, mais à qui manque l’expérience du manque, d’un vide, qui pourrait l’ouvrir à un désir autre… Humilité – pauvreté vont de paire, c’est pourquoi, tout ce qu’on place au début de la voie mystique comme renoncement–détachement ne concerne pas de manière principielle, notre rapport aux choses, au monde, aux autres êtres, avec l’accent sur l’ascèse, que notre rapport à nous-mêmes… et l’on retrouve le détachement de soi qui est la définition même de l’humilité

 

TEXTE II : Maître Eckhart. La mystique est un chemin de détachement, détachement toujours plus radical, à mesure qu’on avance sur le chemin. Ce texte est une instruction aux novices de l’ordre, donc à ceux qui commencent… Et Maître Eckhart met en garde contre un ascétisme qui pourrait conduire à un mépris de la création, des créatures, du monde, tradition manichéenne qui a constitué tellement souvent une « faute de mystique » (Varillon) quand le détachement est vu dans l’horizon du « sacrifice », quand l’amour pour Dieu est mis en concurrence et en opposition avec l’amour pour les créatures.

 

Maître Eckhart indique clairement que le problème n’est pas dans les choses, le monde, les créatures, ou toutes les circonstances extérieures, mais que « c’est toi qui dans les choses t’entraves », qui te mets donc des obstacles pour ton avancement, ton mouvement, ta liberté. Il en va donc bien comme de l’humilité libératrice, le détachement de soi ne met pas l’accent sur la « perte », la «négation de soi », la dimension mortifère, mais sur un dynamisme de vie en plénitude, libérée des entraves.

 

Le vocabulaire de Maître Eckhart est très éclairant pour ce sujet, il écrit en moyen haut-allemand et peut ainsi se libérer des expressions latines qui avaient figé l’expérience spirituelle dans un registre sacrificiel. Il utilise trois termes différents qu’on traduit habituellement par « détachement ».

 

D’abord « Abgeschiedenheit »Ab et scheiden, qui désigne une action volontariste de prise de distance avec l’idée que celui qui l'ose émerge alors de la confusion. L’accent est mis non sur la perte mais sur le gain en liberté.

 

En français les termes avec le préfixe « dé » rend bien compte de ce mouvement, détachement - mais peut-être devrait on utiliser le néologisme désattachement pour mieux marquer cet aspect de ne plus être attaché aux choses ou à soi, on pourrait aussi dire désaliénation ou prendre l’image fréquente sous la plume des mystiques de Mme Guyon à Zundel du « largage des amarres » pour une vie au grand large.

 

«Ce n’est pas le monde qui te retient. Toi-même tu es ce monde, Qui en toi te retiens si fortement prisonnier de toi-même» (II, 85). (Angelus Silesius)

 

Le deuxième terme est ledigkeit qui a une origine juridique désignant l’affranchissement d’un esclave (en allemand moderne, ledig signifie célibataire, de là à imaginer que le mariage est un esclavage…..). Il signifie aussi l’indépendance, mais aussi l’espace libre, donc le vide, la vacuité…

 

Là encore, Maître Eckhart joue sur tous ces niveaux pour affirmer que lorsque l’être humain se libère de tout ce qui le maintient en esclavage, il crée en lui un espace vide où Dieu fait sa demeure. Le troisième terme est « Gelassenheit » , là l’accent n’est pas mis sur une action volontariste, mais sur une passivité de l’être humain qui renonce à avoir une maîtrise sur sa vie, sur les autres, sur Dieu.

 

Laisser être, renoncer à tout appropriation. On est proche du fameux « lâcher prise » moderne. Dans notre texte, Maître Eckhart utilise ses termes pour indiquer que notre rapport vicié (de dépendance) par rapport aux choses et aux êtres vient d’un rapport vicié à nous-mêmes, d’où l’importance de « se quitter », de se « laisser » à chaque fois qu’on part à sa recherche, de cesser de se placer en centre de perspective (Simone Weil) de faire tant de bruit autour de soi (Zundel).

 

C’est donc un décentrement de soi et plus ce décentrement s’opère, plus Dieu peut devenir le centre de ma vie. Il faut y voir une sorte de simultanéité, de la même manière que l’humilité radicale est la plus grande forme d’union avec Dieu (St Jean de la Croix), ainsi la sortie de soi permet l’incarnation de Dieu en l’être humain.

 

Humilité libératrice, détachement de soi pour être comblé de Dieu, voilà donc le cœur de la mystique.

 

Ecoutons un texte plus moderne de Maurice Zundel qui résume de manière merveilleuse et limpide, comme toujours chez cet auteur, de ce que nous venons d’essayer de dire, de manière plus confuse. Pour Zundel, le paradoxe est que le détachement de soi, de ses adhérences, de son moi préfabriqué est la seule condition pour manifester la grandeur de l’être humain ! Insistance encore non sur la dévalorisation de l’humain et le mépris de soi, mais sur son infinie dignité, sa « noblesse » (comme le dit Maître Eckhart).

 

TEXTE III : Zundel. Là, nous nous trouvons au cœur de la pratique mystique : la démarche de détachement de soi s’accomplit et se vérifie dans le silence (de la méditation – de l’oraison – de la contemplation), une forme de prière qui permet de faire cesser tout le bruit autour de nous-mêmes, mais aussi tout le bruit autour de nos idées de Dieu pour une forme de décantation. Angelus Silesius dit d’ailleurs, en fidèle disciple de Maître Eckhart, qu’il y a bien sûr le détachement par rapport aux choses et aux créatures, le détachement de soi-même, mais aussi un détachement plus radical par rapport à Dieu et à ses dons : «Le détachement saisit Dieu ; mais laisser Dieu lui-même est un détachement que peu d’hommes accomplissent» (II, 92).

 

 

C’est ce qu’on appelle traditionnellement la voie « négative » ou « apophatique », qui est certainement le propre de toute la tradition mystique (aussi en dehors du christianisme) : ce chemin d’humilité conduit à faire l’expérience d’un vide intérieur, que Dieu vient certes habiter de sa Présence (cf. Zundel), mais cette Présence ne doit pas être vue comme une réalité comblante, au contraire – encore un paradoxe /toujours très évangélique, renvoyant à l’expérience pascale : Cette Présence se manifeste sous forme d’une absence qui ne cesse de creuser le désir, la quête infinie.

 

C’est ainsi que le Cantique des cantiques peut devenir le livre mystique par excellence.

 

De nombreuses images sont employées pour décrire ce « chemin sans chemin » par où le mystique perd toute maîtrise de lui-même, des autres et de Dieu, pour un vide que rien ne peut combler, un désir que rien ne peut rassasier, une immensité que rien ne peut enclore. Il y a bien sûr l’image du désert, là où on perd tous ses repères, ses protections, ses assurances, pour se retrouver dans sa nudité d’être humain fragile. Il y a aussi l’image de la nuit, notamment chez Jean de la Croix.

 

Ecoutons deux extraits de ce traité de la « nuit obscure » où Jean de la Croix mêle les deux images du désert et de la nuit. S’il n’y avait qu’un livre à lire et à méditer pour comprendre en profondeur en quoi consiste l’expérience mystique, ce serait, à mon humble avis, celui-là, car il met à jour toutes les illusions qui peuvent se manifester quand on avance sur la voie spirituelle, nous montrant qu’à toutes les étapes du chemin, le dépouillement est de mise, car le danger serait de transformer les dons de Dieu, les expériences spirituelles, en poisons par l’ orgueil spirituel.

 

Ce qui est intéressant, c’est que dans son premier livre la « Montée du Carmel », Jean de la Croix indique un chemin actif de détachement. Dans la « nuit », c’est Dieu qui opère le dépouillement, et l’être humain est passif, réceptif, à ce travail intérieur.

 

 

TEXE IV : St Jean de la Croix. « Pour arriver à connaître Dieu et à se connaître soi-même, la vraie voie, c’est la nuit obscure avec ses sécheresses et ses vides ». « L’âme quand elle progresse s’avance en ténèbres et en ignorance ».

 

Ces textes sont remarquables de par leur mouvement. On y sent une totale liberté intérieure, lorsque le mystique détaché des choses et des attaches matérielles, détaché de lui-même, dans une pure tension sans retour sur soi vers Dieu, s’abandonne encore entre les mains de Dieu qui le guide sur des chemins inconnus.

 

Comme nous l’avons vu avec la parabole du pharisien et du péager, la source secrète du narcissisme spirituel conduisant à l’esprit de comparaison et de mépris d’autrui était un manque de confiance et donc une volonté de maîtrise de l’ensemble de sa vie (nous connaissons certainement tous de ces êtres « bétonnés » dans leur conviction par peur certainement des puissances destructurantes au plus profond d’eux-mêmes…).

 

Alors l’antidote est dans cette humilité, cette acceptation sans illusion de soi-même, ce ras du sol, cette traversée de l’en-bas, qui a bien pour conséquence chez Jean de la Croix, le non-jugement d’autrui et l’amour du prochain ; non tellement de se tenir à la dernière place (ce qui peut encore être l’inflation de l’ego de l’humble !), mais plutôt de se situer en dehors même de tout esprit de concurrence, hors de toute comparaison. Attention toutefois de ne pas transformer ce que dit Jean de la Croix en une attitude de masochisme spirituelle.

 

Il ne s’agit en effet pas d’aller au-devant de la souffrance, de chercher les contrariétés, de se complaire dans l’angoisse (ce qu’une certaine tradition spirituelle emprunte de dolorisme a malheureusement bien souvent enseignée et qui n'est à juste titre plus acceptée aujourd’hui et qui peut donner une vision très sombre de la mystique chrétienne occidentale) ; il ne s’agit non plus pas de développer une image d’un Dieu qui nous enverrait toute sorte d’épreuves pour nous « éprouver » et en quelque sorte nous tester…

 

Une lecture trop rapide de Jean de la Croix pourrait parfois conduire à une telle image d’un Dieu « pervers »… J’interprète différemment ces expériences de « dépouillement », comme la confrontation à la réalité, y compris dans sa dimension négative, avec tout ce que nous pouvons ressentir comme pertes, comme tristesses, comme angoisses, comme vides intérieurs.

 

De nos jours, on se représente trop souvent la mystique comme une fuite des réalités (cf. enthousiasme), ou comme une sagesse en quête d’un bonheur qui ne se laisse pas toucher ou perturber par le négatif. Je crois que la mystique, et c’est en définitive pourquoi elle est démarche d’humilité, nous ramène à notre condition d’hommes et de femmes fragiles, dénudés de tous les faux-semblants, dépouillés de tous les oripeaux, confrontés à la réalité qui est souvent très dure…

 

Cette réalité qui se charge de nous faire sortir de nos derniers retranchements, d’éliminer nos ultimes assurances… Voilà la nuit, le désert, l’expérience d’un chemin sans balises et sans repères. Il y a une décantation de soi, mais aussi une décantation de toutes nos images de Dieu. La voie mystique, dans sa confrontation au réel est réellement une voie de déconstruction de toutes nos idées de Dieu par lesquelles nous essayons encore d’avoir une maîtrise sur nos vies, derniers facteurs d’illusionnement, le plus dangereux quand il s’agit d’illusions spirituelles…Voilà ce chemin de l’inconnaissance, où l’on ne sent rien, ou l’on ne goûte rien, où l’on ne retient rien pour soi, mais où l’on devient alors transparent à une Vie qui nous est entièrement donnée… à la grâce !

 

Là, les paroles n’ont plus beaucoup accès à cette expérience, c’est pourquoi dans la mystique, c’est le silence qui est privilégié ! C’est là que s’opère de manière radicale cette dé-maîtrise… Après, il ne peut y avoir que la parole paradoxale, que nous avons déjà souvent rencontrée, qui Cf.

 

L’expérience d’Elie Texte V : I Rois 19.

 

Quelques éléments du parcours d’Elie qui le conduit à cette expérience de l’Horeb !

 

Avec actualisation pour notre situation spirituelle contemporaine débouchant sur Texte VI : Jaccottet en guise de conclusion.

Créé avec Wix.com

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