La foi orthodoxe

 

Echange autour du film L’Île de Pavel Lounguine, avec Georges-Emmanuel  Hourant

 

Dimanche 13 mars à 19h30

Salle Nemo, 60 rue de Cognac

Angoulême

 

http://www.citebd.org/spip.php?film1644

 

 

 

Le film

Par Jean-Luc Douin, Le Monde 8/01/2008

 

C'est sur une île perdue de la mer Blanche, dans l'Arctique, que se situe le monastère où le père Anatoli fait des siennes. Ce moine perturbe la vie de la congrégation. Il est toujours en retard à la messe, où il arrive avec un seul pied chaussé et braille au lieu de chanter. Iconoclaste, blasphémateur, il houspille le Père supérieur, dont il envoie les bottes au feu pour le débarrasser des biens matériels ("C'est dans les bottes d'évêque que se nichent le plus de péchés"). Il vit à l'écart dans un taudis, ramassant du charbon pour alimenter la chaudière du monastère, tel Sisyphe.

 

Selon une rumeur, il posséderait le pouvoir de guérir les malades, d'exorciser les démons et de prédire l'avenir. Les étrangers le croient, qui ne cessent de venir le consulter. Anatoli met la foi de ces visiteurs à l'épreuve ; il éconduit une femme enceinte qui voulait avorter, fait le ventriloque devant une veuve pour lui prouver que son mari est vivant et qu'elle doit abandonner sa ferme pour le rejoindre, exige d'une mère venue avec un fils à la jambe gangrenée qu'elle reste une nuit au monastère pour garantir le miracle.

 

Humble, priant sans cesse le Seigneur d'avoir pitié de lui, de le purifier, de ne pas l'abandonner, Anatoli a un secret. A 17 ans, il a tué un compatriote pendant la seconde guerre mondiale, sous la contrainte des SS (scène filmée comme un cauchemar, où l'on ne voit pas les visages). Il est depuis miné par la culpabilité, se considère indigne de l'intérêt qu'il suscite. Voué à la prière, mi-fou mi-illuminé, il s'est imposé cette sorte d'emprisonnement pour faire acte de repentance et implorer un pardon pour pouvoir mourir en paix.

 

Cet halluciné est interprété avec charisme par Piotr Mamonov, ex-chanteur rock, touché par la grâce comme son personnage. Lounguine confie qu'il n'aurait pas tourné le film sans lui.

 

 

Le réalisateur

 

Pavel Lounguine est né le 12 juillet 1949 à Moscou. Il s'établit en France en 1990 et tourne, avec des producteurs français, des films sur la Russie.

 

Son premier film, Taxi Blues, sur l'amitié entre un chauffeur de taxi et un saxophoniste en déboires, remporte le prix de la mise en scène en 1990 au festival de Cannes.

 

Dix ans plus tard, La Noce obtient une mention spéciale décernée à l’ensemble des acteurs à Cannes.

 

L' Île (Ostrov) est présenté en clôture du Festival de Venise et reçoit l'Aigle d'or au Festival de Moscou en 2006, ainsi que les éloges du patriarche de l'Église orthodoxe Alexis II.

 

En 2009, son film Tsar fait partie de la sélection Un certain regard au festival de Cannes.

 

 

La bande-annonce

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18786165&cfilm=123296.html

 

Le père Job à Anatoli : N'as-tu donc pas peur de mourir ? 

Anatoli : Ce n'est pas de la mort dont j'ai peur ; j'ai peur de me tenir debout devant Dieu

Créé avec Wix.com

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