Michel Cornuz, pasteur de l'église française réformée de Bâle, auteur de plusieurs ouvrages sur la mystique et la spiritualité dont, aux éditions Labor et Fides :

 

  • Le ciel est en toi, introduction à la mystique chrétienne (2001)

  • Le protestantisme et la mystique. Entre répulsion et fascination (2003)

       

La mystique, démarche d’humilité

 

 

Associer mystique et humilité peut sembler incongru : La mystique n’est-elle pas une voie éminente, une démarche spirituelle exigeante réservée à une élite à l’abri des cloîtres, une performance religieuse (liée à des phénomènes extraordinaires) ou de nos jours ne doit-elle pas son succès populaire à l’aune du développement personnel ? Et l’humilité n’est-elle pas une "vertu" mal-aimée et mal comprise, associée à l’humiliation et au mépris de soi morbide ?

 

Or la plupart des mystiques associent leur démarche spirituelle à l’humilité. On peut définir la mystique comme une voie d’union à Dieu (ou à l’Absolu) à travers des détachements successifs, le principal étant le détachement de soi, de son "ego". L’humilité est au départ de la démarche, comme lucidité sans complaisance sur soi. Elle accompagne ensuite le chemin à toutes les étapes, permettant de démasquer les illusions qui risquent sans cesse de conduire à l’orgueil spirituel, à l’ "inflation de l’ego". Elle en est l’accomplissement, sous forme de la "simplicité" si chère à Fénelon, qui est le fait d’être totalement sans retour sur soi, délié de soi-même. L’humilité n’est donc pas une "vertu" négative de haine de soi, mais une dynamique positive de libération, d’allègement de soi. 

 

La mystique, démarche d’humilité, ne nous entraîne pas vers des sommets ou des expériences spirituelles extraordinaires, pour devenir "comme des dieux", mais nous reconduit à "l’en-bas" de notre condition humaine, à notre dénuement originel, à une quête in-finie de Celui qui est toujours au-delà de toutes nos captures. 

Créé avec Wix.com

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